Vienne, entre 1920 et 1930, est l’une des capitales intellectuelles du monde. Des écrivains, des musiciens, des artistes plasticiens, des savants y drainent l’élite européenne. C’est dans ces années que des hommes et des femmes rendent visite à Sigmund Freud, au numéro 19 de la Bergstrasse, dans son cabinet de travail qui lui sert à l’occasion de pièce de réception.

À partir des témoignages ‒ parfois inédits, la plupart dispersés dans des correspondances, des articles de journaux ou de revues, et des autobiographies, devenus inaccessibles ‒ de ces visiteurs, artistes, psychiatres, hommes de lettres, journalistes, pionniers de l’aventure psychanalytique, Marcel Scheidhauer apporte une contribution précieuse à l’histoire de la psychanalyse dont l’effacement contribue au sommeil dogmatique, au fétichisme des concepts et à la pétrification de vérités supposées atemporelles. Le lecteur, qu’il soit profane ou non, s’interrogera sur son propre rapport à la psychanalyse et sur les relations d’aliénation et de séparation aux figures du Maître qui sous-tendent les aléas de la transmission de la psychanalyse, les péripéties des enjeux et des tumultes institutionnels.

Le masochiste dont parle Sacha Nacht à la suite de Freud n’est pas un pervers sexuel, mais un névrosé. S’il se rend malheureux, il ne cesse aussi de provoquer inconsciemment son entourage à le rendre plus malheureux encore. En fait, tout son comportement vise à réveiller la part de sadisme qui gît en chacun de nous. Il ne semble à sa place que lorsqu’il est victime…

Regroupant une vingtaine de textes, dont certains inédits, Guérir avec Freud révèle déjà par ce titre une orientation profondément clinique. Les différents problèmes posés par la technique psychanalytique – et plus particulièrement le rôle joué dans cette technique par les phénomènes de transfert et de contre-transfert – restent en effet au premier plan des préoccupations et des recherches de l’auteur.