Je répète, donc je suis ! Notre vie bat au rythme de la répétition que l’inconscient nous impose. La répétition est positive quand elle nous permet d’apprendre, de créer et de nous affirmer toujours davantage. Mais la répétition peut aussi se révéler pathologique quand elle nous fait rejouer à notre insu les traumatismes de l’enfance, multiplier les ruptures amoureuses, souffrir de troubles obsessionnels compulsifs, dépendre d’une drogue, du jeu ou du sexe, ou échouer de façon répétée devant les mêmes épreuves.

Aussi dirons-nous que l’inconscient est tantôt une force de vie qui nous pousse à répéter les mêmes comportements heureux, tantôt une force de mort qui nous pousse à répéter compulsivement les mêmes comportements d’échecs.

Pour avoir reconnu le tragique de la négligence humaine, la psychanalyse appartient à la tradition classique. La confusion des mémoires tient, en effet, à la négligence des paroles et à la méconnaissance de leur destinataire. Parler trop à n’importe qui, n’importe quand et n’importe comment : peut-être est-ce dans l’excès d’une demande de parler qu’il faudrait reconnaître ce qu’on appelle traumatique. Les travaux ici réunis témoignent d’une démarche sinon commune du moins partagée pour ré-interroger dans la psychanalyse et au contact de l’anthropologie les mémoires et les transferts – dès lors qu’on ne peut plus se satisfaire de leur définition théorique simplifiée