Parue en 2006, la version du Tchouang-tseu proposée par Jean Levi est ici présentée dans une édition révisée, et augmentée en annexe de plusieurs textes pouvant servir à éclairer les problèmes que posent la compréhension et la traduction d’une telle œuvre. Il s’agit en particulier du compte rendu de Jean François Billeter paru dans la revue Etudes chinoises, ainsi que d’un échange de lettres entre celui-ci et Jean Levi, où ils discutent de leurs conceptions de la tâche du traducteur. C’est pour eux l’occasion d’aborder divers points concernant aussi bien le taoïsme et l’histoire de la Chine que les théorisations arbitraires, mais fort en vogue, d’un François Jullien.

Texte fondateur du taoïsme, le Lao Tseu, connu également sous le titre de Tao te King (Livre de la Voie et de la Vertu), est aujourd’hui encore l’une des clefs les plus précieuses pour pénétrer la pensée chinoise. Ce grand classique se présente ici sous un nouveau visage, grâce au travail du sinologue Jean Lévi, qui s’est penché sur les versions les plus anciennes de ce texte, calligraphiées sur bambou ou sur soie, récemment retrouvées. Ces manuscrits offrent la particularité remarquable d’inverser l’ordre des parties (« Le Livre de la Vertu » y précède le « Livre de la Voie ») et d’être complétés par un autre texte : les Quatre canons de l’empereur jaune. Accompagnée de commentaires éclairants, cette nouvelle traduction permet de saisir toute l’ampleur de la pensée taoïste jusque dans ses versants politiques et stratégiques : la Voie se fait Loi.