L’objectif de ce numéro 235 est d’évoquer -sans prétention exhaustive-, les apports conséquents de plusieurs grands psychanalystes britanniques, pour l’ensemble du corpus clinique et théorique de la psychanalyse. Malgré une diffusion parfois sélective et plus tardive en France qu’en d’autres pays européens et d’Amérique du Sud, ces apports nourrissent désormais la pratique, et témoignent de la richesse de leurs avancées et perspectives permettant une approche de plus en plus subtile de l’évolution intra et intersubjective de nos psychismes.

Psychiatre de formation devenu le quatrième adhérent de la Société psychologique du mercredi, Paul Federn (Vienne, 1871-New York, 1950) fut une pièce maîtresse de l’histoire de la psychanalyse. Sa collaboration avec Freud, d’une longévité inégalée par aucun autre de ses disciples, dura trente-cinq ans. Son originalité a été d’ouvrir la voie de la prise en charge psycho­thérapique des psychoses en publiant le premier ouvrage psychanalytique de référence sur ce sujet. Pourtant, après sa mort, Federn tomba dans l’oubli, voire, fut considéré comme un « déviationniste » par certains membres influents de l’Association psychanalytique internationale.

En réunissant dans cet ouvrage trois textes de Federn inédits en français, Florian Houssier rappelle l’originalité et la fécondité des travaux de ce pionnier. Il souligne l’intérêt d’une investigation toujours actuelle pour penser et écouter nos patients d’aujourd’hui, à travers l’exploration des frontières du Moi dans la psychose, les rêves ou les actes manqués.

Le travail sur la mythologie, qui clôt ce bref recueil, s’inscrit dans la continuité du débat avec Freud à propos de la horde primitive et de l’organisation de
la société.