Elie G. Humbert (1925-1990), l’un des chefs de file de l’école jungienne française pendant de nombreuses années, nous livre ici la synthèse de son expérience de thérapeute et de sa réflexion sur les questions essentielles de la vie, fruit d’une collaboration étroite avec Jung lui-même. A travers une série d’articles et d’entretiens parus essentiellement dans les Cahiers jungiens de psychanalyse, dont il fut le fondateur et le rédacteur en chef jusqu’à sa mort, il met en évidence l’apport original de la pensée jungienne. L’analyse prend alors une tout autre dimension et devient le lieu privilégié de la quête du sens. « Le feu du désir, écrit Elie G. Humbert, se transforme, se purifie, dans la mesure où l’angoisse a creusé, par le deuil et en particulier par le deuil de la mère, la caverne vide. Dans cette perspective, la psychanalyse est peut-être l’art de perdre ses illusions dans un accroissement du goût de vivre. »

Dans ce second recueil d’articles et d’entretiens, E. G. Humbert (1925-1990), chef de file de l’école jungienne française pendant de nombreuses années, se révèle un fidèle disciple de Jung avec lequel il collabora étroitement, mais également – et surtout – un grand analyste à la pensée originale. Riche de son expérience clinique, il nous fait ressentir la fécondité de cette épreuve de soi-même qu’est l’analyse jungienne. Car loin de vouloir uniquement « nettoyer l’inconscient de ses scories », la démarche jungienne cherche au contraire à restituer à l’individu sa dimension réelle dont la part sombre ne saurait être exclue, le resituant ainsi dans un véritable devenir humain.

Acceptant d’emblée la gageure de répondre à la question : « l’analyse qu’est-ce que c’est ? » E. G. Humbert donne à voir l’ampleur de son propos jusqu’en ses ultimes limites puisqu’il s’agit pour lui d’une « épreuve qui passe près de la mort ». Par la suite il accorde d’importants développements au rêve, à son discours, et à son interprétation. De même il éclaire la réalité complexe des archétypes comme organisateurs inconscients et il invite, par la régression thérapeutique, à explorer « le puits de la mémoire ».