Dans ce second recueil d’articles et d’entretiens, E. G. Humbert (1925-1990), chef de file de l’école jungienne française pendant de nombreuses années, se révèle un fidèle disciple de Jung avec lequel il collabora étroitement, mais également – et surtout – un grand analyste à la pensée originale. Riche de son expérience clinique, il nous fait ressentir la fécondité de cette épreuve de soi-même qu’est l’analyse jungienne. Car loin de vouloir uniquement « nettoyer l’inconscient de ses scories », la démarche jungienne cherche au contraire à restituer à l’individu sa dimension réelle dont la part sombre ne saurait être exclue, le resituant ainsi dans un véritable devenir humain.

Acceptant d’emblée la gageure de répondre à la question : « l’analyse qu’est-ce que c’est ? » E. G. Humbert donne à voir l’ampleur de son propos jusqu’en ses ultimes limites puisqu’il s’agit pour lui d’une « épreuve qui passe près de la mort ». Par la suite il accorde d’importants développements au rêve, à son discours, et à son interprétation. De même il éclaire la réalité complexe des archétypes comme organisateurs inconscients et il invite, par la régression thérapeutique, à explorer « le puits de la mémoire ».

« Frieda Fordham a entrepris la tâche, difficile sous tous les rapports de présenter un résumé clair de mes diverses tentatives pour comprendre mieux, et d’une façon plus large, la psyché humaine. Comme je ne peux prétendre avoir atteint quelque théorie précise expliquant l’ensemble, ou même la plus grande part des complexités psychiques, mon œuvre consiste en une circonvolution autour de facteurs inconnus. Exposer d’une façon claire et simple mes idées est, par conséquent, pour le moins ardu […].

Malgré cet état de choses quelque peu problématique, Frieda Fordham a réussi à se sortir de toutes les occasions de faire des interprétations inexactes. Elle a présenté d’une façon simple et satisfaisante les principaux aspects de mon œuvre psychologique. Je lui dois beaucoup pour ce travail admirable. »

C. G. Jung

L’accès à la psychologie des profondeurs passe par la découverte d’un langage différent des discours psychologiques classiques et traditionnels.

Cet ABC ouvre la voie qui mène à la connaissance et à l’approfondissement des oeuvres de Jung si complexes pour le néophyte.

L’introduction à ce vocabulaire s’appuie sur de nombreux textes de Jung lui-même, permettant ainsi de se familiariser avec l’esprit de son auteur. Grâce à cette vue d’ensemble, le regard peut s’accrocher et s’approcher du fondement de cette oeuvre colossale pour lui donner un sens pratique.

Méthodiquement et progressivement, cet ouvrage
expose les terminologies spécifiques au créateur de cette  » quête des sens  » dont l’aboutissement est le Soi. L’aspect initiatique du processus d’individuation se révèle au fur et à mesure des rencontres avec la persona, l’ombre, l’anima et l’animus ainsi que la révélation des structures psychiques, collectives et individuelles.

En élargissant le concept de l’inconscient, Jung élabore la notion des archétypes dont l’apport considérable ne cesse encore aujourd’hui d’enrichir la psychologie analytique.

Ce livre s’adresse à celles et ceux qui désirent connaître les outils leur permettant de se confronter avec eux-mêmes grâce au passage enrichissant de l’expérience intérieure.

Jung raconte : « Lors de notre premier entretien, Freud me demanda tout à trac : – et que pensez-vous du transfert ?… Je lui répondis qu’à mon avis c’était l’alpha et l’oméga de la méthode. – Alors, me dit-il, vous avez compris l’essentiel. »

Le dialogue entre praticien et patient (ou patiente) est une réalité brûlante. Sur ce point comme sur tant d’autres, Jung avait conscience d’avoir mené à son terme la recherche de son prédécesseur. Cela ne put se faire que par la reconnaissance de la dimension transpersonnelle de l’échange thérapeutique. Pour la mettre en évidence Jung recourt au symbolisme alchimique.

A travers la rencontre de deux individus, il montre la mise en présence, à des niveaux divers, de deux archétypes, « le roi et la reine », l’homme et la femme en tant que principes.

S’appuyant sur les figures d’un traité publié en 1550, Le Rosaire des philosophes (Rosarium philosophorum), il décrit les phases dramatiques conduisant aux « noces royales ». La mort et la résurrection des deux partenaires donnent naissance au « fils des sages » ou androgyne, où s’unifient le masculin et le féminin.

Les chatoiements des symboles hermétiques laissent transparaître à chaque ligne l’expérience d’un praticien hardi et doté d’un sens aigu de sa responsabilité éthique, au service de l’âme, « sa seule maîtresse ». Le transfert, périlleuse et irremplaçable voie d’amour, est le cœur de la psychologie des profondeurs.

La pudeur habituelle de Jung ne l’a pas empêché de lever ici un coin du voile. Cet ouvrage servira de guide à quiconque est appelé à plonger, par le dialogue, dans « le feu secret des sages », nom de l’amour transformant, créateur de l’hermaphrodite, l’un des mille noms de la totalité psychique, du Soi jungien.

Carl Gustav Jung (1875-1961) est l’un des pères fondateurs de la psychanalyse. Et sans aucun doute le plus controversé. Pour deux raisons : sa conception du rapport à l’inconscient et ses choix politiques durant la Seconde Guerre mondiale, que ce livre éclaire d’un tout nouveau jour. Pourquoi Jung a-t-il autant dérangé Freud et les freudiens ? Jung était-il antisémite ? A-t-il collaboré avec les nazis ? En 1900, Jung est un jeune psychiatre prometteur, qui travaille dans le prestigieux hôpital du Burghölzli (Zurich) avec le professeur Eugen Bleuler. Ensemble, ils remettent en question le traitement carcéral de la folie pour prendre en compte la psychologie des patients. Jung explore les phénomènes paranormaux, la schizophrénie, et développe les tests sur les associations de mots. C’est l’époque ou’ Freud publie L’Interprétation des rêves, et Jung promeut la théorie freudienne alors largement décriée. Devenu analyste, il est placé à la tête du mouvement psychanalytique par Freud lui-même, qui voit en lui son héritier. Mais il y aura rupture, en 1912. Entre-temps, il a pris une jeune maîtresse, Toni Wolff, qu’il traite comme une seconde épouse en instaurant publiquement une relation triangulaire. La réputation de Jung se trouble. Il voyage beaucoup, étudie avec acharnement : philosophie, mythologie, gnose, alchimie. Puis, en 1933, il y a ce choix fatal : son engagement à la tête de la Société médicale internationale de psychothérapie, alors prise en main par une majorité de psychiatres allemands ralliés au nazisme. Il démissionne en 1939, mais sa réputation est définitivement salie. Pourtant, les services secrets américains le recrutent comme agent spécial… Quand il meurt, en 1961, Jung est l’auteur d’une œuvre monumentale, traduite dans plusieurs langues. Il a élaboré les concepts d’individuation, de Soi, d’archétype, d’inconscient collectif, d’anima, d’animus… Il est célèbre dans le monde entier, avec autant de détracteurs que de partisans. Deirdre Bair s’appuie sur des documents inédits, notamment les archives de la famille Jung récemment ouvertes, pour instruire enfin le « dossier Jung » – un dossier sensible et passionnant. Et elle nous offre une fresque inattendue des débuts de la psychanalyse.