Faire corps avec la nature, est-ce une disposition ou une sensation ? En se fondant dans l’élément, le retour à la nature paraît s’accomplir : intensité, pureté et authenticité seraient les vertus de la nature. Qui peut pourtant nous absorber jusqu’à nous anéantir : présumant de nos forces vitales, notre corps vivant trouve des limites à son adaptation dans le tsunami, la faim ou la sécheresse. Mais dans la nature notre corps peut aussi éveiller en lui des ressources inédites et des émotions : en nous rendant plus vivants, la cosmose immerge notre corps dans le cosmos et éveille la vie capacitaire.

Ce terme créé dans les années 1980 recherche la fusion entre les sciences exactes et les sciences humaines, sans pour autant réduire l’homme à son cerveau. Le rêve d’une science unifiée vise notre analyse de la matière vivante, notre manière de comprendre comment la matière produit de l’homme. Cet ouvrage établit les conditions d’un dialogue fécond entre la philosophie et les neurosciences.

L’écologie corporelle, comme cosmotique, est le principe de constitution
des relations entre le corps et le monde. Ce monde corporel est une
interaction dynamique pour constituer, tant au plan conscient
qu’inconscient, une écologie corporelle : exploration et apprentissage
du milieu intérieur du corps, redécouverte d’une nature intériorisée.
Bien-être au naturel, être bien dans sa peau, séjours bien-être…
l’injonction est partout et disponible dans une offre de pratiques et
de formations. Le marché du bien-être est désormais un moyen de
proposer des pratiques alternatives dites « douces » : entre nouveaux
thermalismes et masseurs-kinésithérapies, les pratiques de plein air et
sport de pleine nature.
La cosmose décrit ici comment le corps, dans les éléments et les
expériences corporelles, trouve une harmonie et un éveil créatif.

Le patient « bon et docile » n’existe plus. Désormais, le sujet contemporain entend devenir agent de sa santé et refuse de se laisser enfermer dans une simple relation soignant-soigné, vécue sur un mode passif, jusque dans la demande de disposer de son corps. Il s’informe, revendique des droits et entend le faire savoir. En France, la loi dite Kouchner lui garantit, depuis 2002, le droit à accéder à son dossier médical et le devoir des médecins de rechercher le consentement aux soins, tandis que les associations de malades alimentent les forums des sites d’information sur leur vécu.

Un seul diagnostic ne suffit plus à notre patient qui recherche des solutions parfois moins conventionnelles, jugées plus en harmonie avec sa propre sensibilité et son vécu. Loin du simple bricolage thérapeutique ou de la pratique occasionnelle des médecines douces, cette tendance – que l’on peut qualifier d’autosanté – devient alors une expérience d’éducation corporelle et de transformation de soi. Le patient fait appel à des pratiques nouvelles, sources d’habitudes, de croyances psychologiques et d’un nouveau style de vie. Il n’est plus patient, mais agent de sa propre médecine, une médecine à la première personne.