Monte Verità
La Montagne de la vérité

France | 1997 | 52 minutes | Betacam SP

Un film de Henry Colomer

A la fin du siècle dernier, naît en Allemagne un mouvement tourné vers le passé, vers la pureté des origines, un idéal de liberté et de beauté : le mouvement de réforme de la vie. Il invite ses adeptes à fuir la ville, ses conflits, ses plaisirs factices. Artistes libertaires, colonies végétariennes, … de nombreuses sectes naissent alors. Le film recherche les racines de ce mouvement dans l’histoire allemande et analyse son implantation en 1900 dans un lieu « inspiré » : le Monte Verita, la colline de la vérité, sur les bords du Lac Majeur, au-dessus d’Ascona. Fondé par Henri Oedenkoven, fils d’un grand industriel d’Anvers et Ida Hoffman, musicienne du Montenegro , ainsi que par Gusto Gräser, le « prophète aux pieds nus » décrit par Hermann Hesse, et quatre autres pionniers, Monte Verità devient un lieu de refuge pour de nombreux rebelles de la politique et des arts : des écrivains et des poètes, comme Hermann Hesse et Erich Müsham, des danseurs, comme Isadora Duncan, Mary Wigman, Rudolf von Laban, le psychanalyste Otto Gross,… Le réalisateur décrit les sectes et les mouvements qui gravitent autour de ce noyau, avec toutes leurs ambiguités, notamment celui des « oiseaux migrateurs », auquel Gusto Gräser a été lié, qui a rendu familières et présentables des idées et des modèles de comportements que l’on retrouvera dans l’idéologie nazie : un passé idéalisé, les valeurs du sol et de l’enracinement, l’attachement organique du groupe à son chef, l’antisémitisme et le racisme.